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Alertes
Le navigateur redessine l’image sur un canevas et la réencode, en qualité 0,9 pour le JPEG et le WebP. La copie est un autre fichier : son poids, sa qualité et son profil de couleur changent. Google conseille de garder au moins les champs IPTC créateur, crédit et droits d’auteur.
Comment utiliser l’outil
Glissez une image dans le cadre, ou cliquez dessus pour choisir un fichier. Votre navigateur lit le fichier sur place : il ne quitte pas votre ordinateur, et rien n’est envoyé au serveur.
Pour une image déjà publiée, collez son adresse et cliquez sur « Analyser ». Le serveur de nemociment.fr télécharge alors l’image, jusqu’à 5 Mo, et la renvoie à votre navigateur, qui l’analyse avec le même code qu’un fichier local. Ce mode affiche en plus deux en-têtes envoyés par le site d’origine, Content-Length et Cache-Control, pratiques pour contrôler la mise en cache de vos images.
Les résultats s’ouvrent sur un aperçu et un tableau des propriétés. Suivent les alertes, chacune accompagnée de sa source, puis le détail des champs EXIF, de la position GPS, des champs IPTC et du XMP.
Ce que l’outil lit dans le fichier
Un format d’image se reconnaît à ses premiers octets, sa signature : FF D8 FF pour un JPEG, « GIF89a » pour un GIF, « RIFF » suivi de « WEBP » pour un WebP. L’outil se fie à cette signature, jamais à l’extension du nom ni au type que déclare le navigateur. Un PNG renommé en .jpg reste un PNG, et l’outil le signale : Google indique qu’il est préférable que l’extension du nom de fichier corresponde au type de fichier.1
Les dimensions viennent de l’en-tête propre à chaque format : le segment SOF d’un JPEG, le bloc IHDR d’un PNG, la propriété ispe d’un AVIF, les attributs width, height et viewBox d’un SVG. Les fichiers HEIC des iPhone partagent la structure de l’AVIF ; l’outil les reconnaît et les signale à part, car la plupart des navigateurs ne savent pas les afficher.
Les données EXIF sont écrites par l’appareil photo ou le téléphone au moment de la prise de vue : marque, modèle, réglages, date, orientation et, si la localisation est activée, position GPS. Les champs IPTC viennent du monde de la presse et des agences ; ils portent le titre, la légende, les mots-clés, le créateur, le crédit et les droits d’auteur. Le XMP, format d’Adobe écrit en XML, peut reprendre toutes ces informations et en ajouter, comme l’adresse d’une licence ou le type de source numérique.
Le tableau des propriétés donne enfin le poids de ces métadonnées, en kilo-octets et en part du fichier, avec le détail par bloc. Sur une petite vignette, un profil de couleur et un paquet XMP peuvent peser plus lourd que l’image elle-même.
Le poids de l’image, selon la règle de Chrome
Chrome DevTools signale les images trop lourdes dans son insight « Improve image delivery ».2 Son code source retient une cible de 2/12 d’octet par pixel, soit 1/6 d’octet par pixel, celle d’une image AVIF bien compressée. L’outil applique ce calcul aux dimensions du fichier. Au-delà de 1/6 d’octet par pixel, et si l’économie possible atteint 4 096 octets, il conseille un format moderne (WebP, AVIF) ou plus de compression pour un JPEG, un PNG ou un BMP, et plus de compression pour un WebP ou un AVIF, déjà modernes.
Un GIF animé de plus de 100 Kio suit une autre règle : Chrome conseille de le remplacer par une vidéo.2 La même page de Chrome rappelle que l’AVIF et le WebP compressent mieux que le JPEG et le PNG.2 Les SVG restent hors du calcul, puisqu’un SVG décrit des formes et n’a pas de pixels à compter.
Le résultat reste une estimation. Chrome compare aussi le fichier à la taille à laquelle la page l’affiche : une grande photo glissée dans un petit cadre gaspille des octets que l’outil ne peut pas mesurer, puisqu’il ne voit que l’image et ignore la page qui l’accueille.
Les formats et les attributs que Google prend en compte
Google accepte les formats BMP, GIF, JPEG, PNG, WebP, SVG et AVIF dans l’attribut src d’une balise img. Une image posée en arrière-plan par une feuille de style CSS n’est pas indexée. Google conseille aussi un nom de fichier court et descriptif, et présente le texte alternatif comme l’attribut le plus important pour décrire une image.1
Ces conseils valent pour l’image de partage d’une page, celle que déclare la balise og:image et que reprennent les réseaux sociaux. Une fois ses dimensions et son poids vérifiés ici, la balise elle-même se rédige avec le générateur de balises meta et Open Graph, qui montre l’aperçu du partage.
Position GPS et informations personnelles
Un téléphone dont l’appareil photo a accès à la localisation enregistre la position GPS de chaque prise de vue dans les données EXIF. Si la photo est publiée telle quelle, n’importe qui peut la télécharger et retrouver le lieu. PetaPixel a raconté en décembre 2012 le cas de John McAfee : une photo publiée par VICE avait gardé ses métadonnées EXIF, qui indiquaient un iPhone 4S et le lieu exact de la prise de vue, au Guatemala. McAfee a ensuite reconnu que la photo avait trahi sa position.3
L’outil affiche la position en degrés décimaux, avec un lien vers le point sur OpenStreetMap. Il relève aussi les champs qui renseignent sur le matériel et son propriétaire : marque et modèle de l’appareil, numéros de série du boîtier et de l’objectif, nom du propriétaire, logiciel, date de prise de vue. Pour une photo de produit, ces informations ont peu d’importance ; elles n’apportent rien au visiteur et voyagent pourtant avec chaque copie de l’image.
L’orientation EXIF
Un téléphone tenu à la verticale enregistre souvent l’image dans le sens du capteur, avec un champ Orientation qui indique la rotation à appliquer. D’après la documentation MDN de la propriété image-orientation, sa valeur initiale est from-image : les navigateurs appliquent cette rotation par défaut, et cette prise en charge est disponible partout depuis avril 2020.4
L’image s’affiche donc dans le bon sens, mais ses dimensions stockées restent celles du capteur. Pour les orientations 5 à 8, largeur et hauteur s’inversent à l’affichage ; l’outil donne alors les deux, et ce sont les dimensions affichées qui comptent pour les attributs width et height de la balise img.
Les métadonnées que Google lit pour Google Images
Selon la page de Google sur les métadonnées de licence des images, Google lit plusieurs champs IPTC : l’avis de droits d’auteur, le créateur, la ligne de crédit, le type de source numérique, l’URL du concédant de licence (Licensor URL) et le Web Statement of Rights. Ce dernier est obligatoire pour obtenir le badge « Sous licence ». Les mêmes informations peuvent figurer dans des données structurées de la page ; en cas de contradiction, Google retient les données structurées.5
Le type de source numérique (DigitalSourceType) indique comment l’image a été produite. Les valeurs trainedAlgorithmicMedia, compositeSynthetic, algorithmicMedia et compositeWithTrainedAlgorithmicMedia désignent une image créée ou modifiée par IA, et l’outil affiche une alerte quand il les trouve. Il note aussi la présence d’un manifeste C2PA, la norme des Content Credentials, sans vérifier sa signature : Google indique qu’un manifeste C2PA signé, en version 2.1 ou plus, peut alimenter le panneau « À propos de cette image ».5
Le marquage des contenus produits par IA concerne aussi le texte. Pour répondre à l’article 50 de l’AI Act, OpenAI a annoncé un filigrane invisible, textGrain, glissé dans le choix des mots des textes ChatGPT de ses utilisateurs européens ; ses effets sur un site sont détaillés dans l’article sur le filigrane de ChatGPT et les textes d’un site.
Les données EXIF et le classement dans Google
Search Engine Roundtable a rapporté le 12 septembre 2024 que Martin Splitt, de Google, avait déclaré à SMX Advanced Londres que Google n’utilise pas les données EXIF pour le classement. L’article rappelle deux déclarations plus anciennes. En 2014, Matt Cutts expliquait que Google peut lire ces données et se réserve le droit de s’en servir. En 2019, Gary Illyes affirmait qu’elles ne servaient pas au classement et que l’IPTC servait aux droits d’auteur.6
L’intérêt des métadonnées se trouve donc du côté de la vie privée et des droits d’auteur. Une position GPS oubliée expose l’auteur de la photo ; un champ créateur bien rempli fait partie de ce que Google lit pour Google Images.
Retirer les métadonnées sans perdre ses droits
Le bouton « Télécharger une copie sans métadonnées » redessine l’image dans un canevas du navigateur, puis l’enregistre dans le même format si le navigateur sait l’encoder, en qualité 0,9 pour le JPEG et le WebP. Dans le cas contraire, l’outil le dit et fournit un PNG. La copie perd toutes ses métadonnées, profil de couleur compris, et devient un nouveau fichier dont le poids et la qualité changent. Le bouton reste désactivé pour un SVG, qui est un fichier texte, et pour un GIF, un PNG ou un WebP animé, dont la copie ne garderait que la première image.
Google rappelle que supprimer les métadonnées réduit le poids du fichier, mais que cette suppression peut être illégale dans certains pays, et conseille de garder au moins les champs IPTC du créateur, du crédit et des droits d’auteur.5 Si votre image en contient, l’outil le rappelle juste sous le bouton. Pour ne retirer que la position GPS en gardant le reste, un logiciel comme ExifTool fait l’affaire, avec la commande exiftool -gps:all= photo.jpg.
Questions fréquentes
Les données EXIF comptent-elles pour le référencement ?
Pas pour le classement, selon Martin Splitt, qui l’a dit en 2024 à SMX Advanced Londres. Pour Google Images, Google lit en revanche certains champs IPTC, comme le créateur, le crédit et les droits d’auteur.
Comment retirer la position GPS d’une photo ?
Le bouton de l’outil crée une copie sans aucune métadonnée. Pour retirer seulement le GPS et garder les champs de droits d’auteur, utilisez un logiciel comme ExifTool avec la commande exiftool -gps:all= photo.jpg. Pour les photos suivantes, coupez l’accès à la localisation de l’appareil photo dans les réglages du téléphone.
Que deviennent mes fichiers ?
Un fichier choisi sur votre ordinateur n’est jamais envoyé : votre navigateur le lit sur place. En mode adresse, seule l’adresse part vers le serveur de nemociment.fr, qui télécharge l’image, la renvoie à votre navigateur et ne conserve rien.
Pourquoi l’outil donne-t-il deux paires de dimensions ?
Le fichier porte une orientation EXIF de 5 à 8 : l’image est stockée couchée et les navigateurs la redressent à l’affichage. Les dimensions affichées sont celles à reprendre dans les attributs width et height de la balise img.
Quels champs garder avant de publier une image ?
Google conseille de garder au moins le créateur, la ligne de crédit et l’avis de droits d’auteur, et rappelle que retirer ces informations peut être illégal dans certains pays. Ajoutez le Web Statement of Rights si vous voulez le badge « Sous licence » dans Google Images.
Pourquoi l’outil dit-il que l’extension ne correspond pas ?
Le type réel du fichier, lu dans ses premiers octets, diffère de celui qu’annonce son extension, par exemple un WebP nommé photo.jpg. Google conseille que l’extension corresponde au type de fichier : renommez l’image ou convertissez-la dans le format annoncé.
Sources
Les passages de cette page qui s’appuient sur une source renvoient à l’une de ces références.
- Google Search Central, « Bonnes pratiques SEO pour les images ». developers.google.com ↑
- Chrome for Developers, insight « Improve image delivery » de Chrome DevTools. developer.chrome.com ↑
- PetaPixel, article de décembre 2012 sur les données EXIF d’une photo de John McAfee. petapixel.com ↑
- MDN Web Docs, propriété CSS image-orientation. developer.mozilla.org ↑
- Google Search Central, documentation sur les métadonnées de licence des images. developers.google.com ↑
- Search Engine Roundtable, article sur les données EXIF et le classement dans Google. seroundtable.com ↑