Depuis le 13 septembre 2026, des éditeurs d'outils SEO décrivent un Google qui bloque leurs relevés automatiques, puis leur sert des pages de résultats d'apparence normale dont les résultats ont été remplacés. Sur 27,5 millions de pages relevées, Nozzle en compte 8,0 % de faussées depuis le 13 septembre, contre 0,17 % avant, avec un pic à un quart du 27 au 29 septembre ; la France fait partie des pays les moins touchés, à 3,9 %. DemandSphere mesure environ 11 % de ses relevés quotidiens début octobre. Ce sont des chiffres d'éditeurs, que Google n'a pas commentés publiquement. Pour une PME, une courbe de positions de septembre ou d'octobre se vérifie dans la Search Console, qui compte les affichages et les clics réels, et les outils tiers ne servent qu'à lire une tendance sur plusieurs semaines.
Sommaire
Depuis septembre 2026, les outils de suivi de positionnement produisent des courbes que plusieurs praticiens jugent peu fiables : Search Engine Roundtable a rassemblé le 12 octobre les constats de l'éditeur Nozzle et les messages de consultants dont les relevés ne correspondent plus aux chiffres réels des sites qu'ils suivent.1 Ces outils relèvent le classement d'un site en chargeant automatiquement les pages de résultats de Google, des millions de fois par jour, et PPC Land a reconstitué le 13 octobre la chronologie des obstacles que Google leur oppose depuis l'été.2 Cet article reprend ce que les éditeurs ont mesuré, explique pourquoi une courbe de positions de cet automne peut décrire une page qu'aucun internaute n'a vue, et la façon de lire ses chiffres en attendant.
01Bloqués, puis trompés : ce que les éditeurs ont mesuré
Les chiffres disponibles viennent des éditeurs d'outils, qui vendent ces relevés et en dépendent : PPC Land le rappelle à propos de DemandSphere, dont chaque chiffre sort de ses propres systèmes.2 Selon le même média, les deux éditeurs qui ont publié des mesures s'accordent sur le mécanisme et, à peu près, sur l'ampleur.2 L'étude la plus détaillée est celle de Nozzle, publiée le 10 octobre sur des données arrêtées au 9 octobre.3
Des relevés de plus en plus difficiles depuis l'été
Depuis le 26 août, Google fait passer les liens de ses résultats par des adresses google.com/goto. D'après Derek Perkins, qui dirige Nozzle, retrouver la destination de tous les liens d'un classement sur cinq pages demande désormais entre 500 et 1 000 requêtes.2
Derek Perkins a décrit à Search Engine Roundtable trois moyens employés par Google : un blocage très large d'adresses IP visant les grands réseaux de proxys résidentiels, un recours nettement plus fréquent aux CAPTCHA, et l'injection de mauvaises données dans les pages de résultats jugées suspectes.1 Chez DemandSphere, le blocage le plus agressif jamais observé a commencé aux alentours du 11 septembre, et son fondateur Ray Grieselhuber le décrivait le 24 septembre comme la nouvelle réalité du métier.2 Nozzle date plus précisément les deux temps : les requêtes envoyées à Google ont commencé à échouer en masse le 13 septembre, et à partir du 20 septembre, celles qui passaient revenaient faussées.3 Pendant deux semaines, moins de pages ont pu être relevées.3
Des pages complètes, des résultats remplacés
Nozzle résume le phénomène ainsi : depuis septembre 2026, Google sert aux outils de suivi des pages complètes et d'apparence normale dont les résultats ont été échangés, et rien sur la page ne le trahit.1 Une page compte comme faussée, dans son étude, quand moins de la moitié des sites habituels du mot-clé y apparaissent et qu'ils reviennent sur un relevé suivant.3 Aucune erreur ni CAPTCHA ne l'accompagne : la mise en page reste la même, mais les résultats naturels ne gardent que 20,7 % des sites du relevé précédent, contre 88,5 % d'ordinaire.3
| Mesure de Nozzle | Avant (20 août au 9 septembre) | Depuis le 13 septembre |
|---|---|---|
| Pages de résultats faussées | 0,17 % | 8,0 % (de 0 à 27 % selon les jours) |
| Pire période | - | 24,9 %, 26,7 % et 27,0 % du 27 au 29 septembre |
| Depuis le 1er octobre | - | environ 5 à 11 % par jour |
| Site suivi absent du top 10 | 2,7 % des relevés | 58,6 % des pages faussées |
| Sites habituels revenus sous trois jours | - | 77,9 % des pages faussées |
L'étude porte sur 27,5 millions de pages de résultats relevées dans 49 pays, sur ordinateur, iPhone et Android, et plus de 660 000 mots-clés ont eu au moins une page faussée.3 Dans ces pages, Reddit, Facebook, LinkedIn, Instagram et Quora apparaissent plus souvent dans le top 10, YouTube, Yelp et MapQuest moins souvent.3 DemandSphere, de son côté, mesure environ 11 % de pages de résultats quotidiennes erronées dans son billet du 7 octobre, sans décrire sa méthode, et prévient que son chiffre peut changer vite.2
La France parmi les pays les moins touchés
Nozzle publie la part de pages faussées pays par pays depuis le 13 septembre. L'Europe de l'Ouest ressort la plus basse : 3,9 % pour la France, 3,0 % pour le Royaume-Uni, 3,4 % pour l'Espagne, 4,3 % pour l'Allemagne. Ses voisins sont nettement plus touchés, avec 13,2 % pour la Belgique, 12,8 % pour la Suisse et 18,8 % pour l'Autriche, contre 8,5 % pour les États-Unis.3
Le type de recherche compte aussi. Les recherches « près de moi » sont faussées à 11,4 %, contre 7,8 % pour les autres, et les expressions cherchées moins de 100 fois par mois à 9,4 %, contre 6,1 à 7,1 % au-dessus.3 Aux États-Unis, les pages juridiques ont atteint 51,3 % le 27 septembre et celles des services à domicile 48,4 % le 29 septembre.3 La part varie enfin selon le chemin par lequel la requête arrive chez Google : sur les mêmes jours, une des voies de collecte de Nozzle renvoyait 1 à 7 % de pages faussées, une autre 9 à 30 %.3
Ce que Google en dit
Selon PPC Land, Google n'a commenté publiquement aucun des deux chiffres, et aucun des signalements extérieurs ne cite de déclaration de Google sur les changements de septembre.2 Ses règles anti-spam rangent parmi les pratiques interdites le trafic généré automatiquement, c'est-à-dire l'envoi de requêtes automatiques à Google, y compris le scraping des résultats pour vérifier un classement sans autorisation expresse.4
Barry Schwartz, de Search Engine Roundtable, estime que ces mesures visent les robots d'IA et le service SerpApi.1 Ray Grieselhuber pense que Google veut empêcher les laboratoires d'IA de se servir de ses pages de résultats pour répondre en direct aux questions, et que les outils SEO sont pris entre deux feux.2 Nozzle y voit la réponse de Google à la collecte massive de ses résultats pour alimenter des réponses d'IA, qui touche les outils de suivi parce qu'ils relèvent les pages de la même façon.3
02Pourquoi les courbes de positions ne sont plus fiables
Un outil bloqué et un outil trompé ne produisent pas le même défaut. Le premier laisse un trou dans ses relevés, le second affiche un chiffre plausible.2
Une page faussée passe inaperçue
PPC Land décrit la différence : une requête bloquée produit un manque que l'éditeur voit et peut signaler, alors qu'une page faussée a l'air normale et donne un chiffre assuré.2 Nozzle formule la même idée : une requête refusée incite le robot à réessayer, une requête faussée est enregistrée comme réelle.3 Une marque qui semble sortir du top 10 sur une requête importante, remplacée par un fil de forum, peut voir un vrai changement de classement, l'effet d'une mise à jour de Google, ou une page servie seulement à un robot suspect.2
Plusieurs éditeurs ont publié des avis à leurs clients, dont Sistrix, DataForSEO, SE Ranking, Advanced Web Ranking et Morningscore.1 Barry Schwartz craint que la plupart des outils ne repèrent pas vite l'injection de mauvaises données et se croient en règle alors qu'ils relèvent des pages faussées.1
Des écarts entre outils, sur des sites dont on connaît les chiffres
Le consultant Glenn Gabe a comparé les outils sur des sites dont il connaît les chiffres réels. Le 18 septembre, sur un site tombé presque à zéro puis entièrement remonté, Ahrefs montrait la remontée, Semrush la montrait avec du retard et Sistrix ne la montrait pas.1 Le 7 octobre, sur un site frappé le 29 septembre pendant la mise à jour anti-spam, chute confirmée par son propriétaire, Ahrefs avait vu la chute, Semrush très tard, et Sistrix ne la montrait toujours pas.1
La consultante Lily Ray écrivait le 8 octobre que les outils de suivi étaient pour l'instant trop peu fiables pour partager ses observations.1
Les signes d'une page faussée
Nozzle donne plusieurs indices pour distinguer une page faussée d'un vrai changement de classement. Le résultat ne correspond pas à l'historique du mot-clé : la comparaison utile se fait avec ses sites habituels des semaines précédentes, car le relevé de la veille peut lui-même avoir été faussé.3 L'épisode ne dure pas : 80 % ne touchent qu'un seul relevé, alors qu'un vrai changement de classement reste.3
Dernier indice cité par Nozzle : si un site « disparaît » de l'outil alors que la Search Console montre toujours des impressions et des clics, rien n'est arrivé au site.3
Une mise à jour anti-spam dans la même fenêtre
La mise à jour anti-spam de septembre 2026 a commencé le 24 septembre et s'est terminée le 8 octobre, après 13 jours et 16 heures.2 Pendant ces deux semaines, la volatilité d'une vraie mise à jour et le bruit d'une collecte bloquée ou faussée se ressemblent sur un tableau de bord, note PPC Land.2
03Lire ses chiffres cet automne : la Search Console d'abord
Le rapport sur les performances de la Search Console compte les fois où le site est apparu dans les résultats de recherche Google et les clics des internautes sur ces résultats.5 Barry Schwartz le rappelle dans son article : Google fournit dans la Search Console beaucoup de données sur le classement, même si elles ne couvrent pas tous les besoins des référenceurs.1
La Search Console comme référence
Pour juger un trafic, la référence est la courbe des clics et des impressions de ce rapport. Sa position moyenne est celle du résultat le mieux classé du site ; dans le tableau, elle se calcule pour la page ou la requête de chaque ligne.5 Quand un outil tiers annonce une chute, le premier contrôle consiste à ouvrir la même page dans le rapport et à regarder ses clics sur la même période : si les clics et les impressions n'ont pas bougé, la baisse reste à confirmer avant d'agir.
La même règle vaut pour le suivi des positions après une refonte : les requêtes relevées avant la mise en ligne se comparent page par page dans la Search Console. Vérifier soi-même dans Google ne tranche pas davantage, car les résultats varient selon l'heure, le lieu, l'appareil et l'historique récent de la personne qui cherche.5
Les outils tiers pour la tendance
Les outils tiers gardent deux usages : suivre une tendance sur plusieurs semaines et observer des sites concurrents, que la Search Console ne montre pas. Pour son propre rapport, Google conseille les vues par semaine ou par mois, qui lissent les fluctuations quotidiennes et font ressortir la hausse ou la baisse globale.5 Un mouvement isolé d'un jour dans un outil tiers ne justifie donc aucune décision : selon Nozzle, un site suivi sorti du top 10 un seul jour fin septembre, puis revenu aussitôt, a probablement subi ce phénomène.3 Pour un site suivi sur Google France, la part de pages faussées mesurée par Nozzle est plus faible qu'ailleurs sans être nulle, et un site qui vise aussi la Belgique ou la Suisse y est plus exposé.3
Pour mesurer l'effet d'un changement sur quelques pages, la comparaison de deux périodes de même durée, page par page, se fait dans la Search Console, en écartant toute fenêtre où une mise à jour de Google est en cours de déploiement.
Les questions à poser à son outil ou à son prestataire
DemandSphere a annoncé des indicateurs de taux de résultats erronés et de taux d'échantillonnage publiés à côté de ses relevés, et reconnaît relever certaines pages par échantillon au lieu de toutes chaque jour.2 Selon PPC Land, la plupart des éditeurs ne publient pas encore ce genre de données sur leur collecte.2
| Question | Ce qu'elle permet de vérifier |
|---|---|
| Les positions de septembre et d'octobre ont-elles été recoupées avec la Search Console ? | le rapport compte les affichages et les clics réels du site |
| L'outil publie-t-il un taux d'erreur ou d'échantillonnage ? | la part des relevés à prendre avec prudence, jour par jour |
| La période comparée recoupe-t-elle le 24 septembre au 8 octobre ? | la mise à jour anti-spam peut expliquer un mouvement réel |
| Une baisse dans l'outil se retrouve-t-elle dans les clics ? | sans baisse de clics ni d'impressions, elle reste à confirmer |
Si la baisse se retrouve dans les clics de la Search Console, elle est réelle, et l'enquête reprend par les contrôles d'exploration et d'indexation d'un audit.